Quand une rencontre devient un Khidr
Il existe des personnes dont on se souvient toute une vie.
Et puis il y a celles que l’on croit avoir oubliées.
Une conversation de quelques minutes. Un regard. Une présence presque banale. Quelqu’un qui traverse notre existence sans bruit… et dont on pense qu’il n’a rien changé.
Pourtant, qui peut dire ce qu’une rencontre a réellement laissé en nous ?
J’aime cette manière de regarder les rencontres : et si certaines personnes pouvaient devenir, d’une certaine façon, notre « Khidr » ? Non pas parce qu’elles seraient Al-Khidr lui-même, mais parce que leur passage nous oblige parfois à découvrir plus tard un sens que nous ne voyions pas sur le moment.
Dans la sourate Al-Kahf, Mûsâ accompagne un serviteur à qui Allah a accordé une connaissance particulière. Sur le moment, plusieurs de ses actes paraissent incompréhensibles. Ce n’est qu’à la fin que leur sagesse est dévoilée.
Peut-être en est-il parfois ainsi de nos rencontres.
Nous passons notre temps à chercher celles qui ont compté, alors que certaines des plus décisives ont été les plus discrètes.
Une personne peut entrer dans ta vie sans éclat, y rester quelques jours, quelques mois ou quelques années… puis repartir.
Tu crois qu’elle n’a laissé derrière elle qu’une absence.
Alors qu’elle a peut-être déplacé en toi une pensée, une blessure, une manière d’aimer, une façon de regarder le monde.
Nous jugeons souvent une rencontre à sa durée. Mais la vérité est peut-être ailleurs.
Certaines personnes ne sont pas venues pour rester. Elles sont venues accomplir quelque chose en toi. Et une fois cette œuvre silencieuse achevée, leurs chemins et les tiens n’avaient plus besoin d’être les mêmes.
Alors ne regrette pas trop vite les portes qui se ferment. Ne crois pas non plus que seules celles qui sont restées étaient une bénédiction.
Car il est des êtres qui ne passent dans notre vie que le temps d’une saison… et qui, sans que nous le comprenions sur le moment, changent pourtant le reste de notre histoire.