Ce qui reste après le départ
Il y a des départs qui font du bruit.
Et puis il y a ceux qui ne laissent derrière eux qu’un silence différent.
Une habitude qui ne sert plus. Une place vide dans la journée. Un réflexe qui continue quelques semaines à chercher quelqu’un qui n’est plus là.
On croit souvent que perdre quelqu’un, c’est seulement perdre sa présence.
Mais on perd aussi la version de nous-même qui existait avec lui.
Une manière de rire. Une façon de raconter sa journée. Une place que l’on occupait dans le regard de l’autre.
Et c’est peut-être pour cela que certains départs nous désorientent autant : il faut apprendre à vivre sans l’autre, mais aussi à se reconnaître sans ce miroir.
Le temps ne remplace personne.
Il fait autre chose.
Il agrandit doucement la vie autour de l’absence.
Un jour, le souvenir ne serre plus de la même façon.
Il reste là, mais il ne prend plus toute la pièce.
Et l’on découvre que continuer n’était pas trahir ce qui a été.
C’était simplement laisser la vie reprendre sa place autour de ce qui ne reviendra pas.