Prières & paroles déposées — Mes écrits
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Prières & paroles déposées

Des mots qui ressemblent moins à des textes qu’à des confidences : des demandes, des retours vers Allah, des invocations et des paroles laissées entre Ses mains.

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Prières & paroles déposées

Fais de nos cœurs des sources

Un jour, peut-être, l’humanité aura tout maîtrisé.

Le vent. L’eau. Le feu. La lumière. Les astres et les données.

Elle saura plier la matière, commander les éléments, dompter les machines.

Mais il restera une chose. Une seule. La plus simple, et la plus indomptable : l’amour.

Cette force que nul satellite ne capte, que nul algorithme ne calcule, et que pourtant tout cœur ressent.

Quand l’humanité saura aimer comme elle invente, aimer comme elle construit, aimer comme elle conquiert, alors peut-être comprendra-t-elle une autre forme de puissance.

Et nous… nous avons tout mesuré, sauf cela.

Nous avons oublié cette richesse qui se multiplie lorsqu’on la donne.

Ya Allah…

Fais-nous goûter à cette richesse que Tu as mise en nous.

Apprends-nous à reconnaître ce trésor, à le faire circuler, à le répandre comme une prière silencieuse.

Fais de nos cœurs des sources.

De nos paroles, des guérisons.

Et de notre amour, une trace de Ta miséricorde.

Dhikra
Prières & paroles déposées

Pour celles qui connaissent la solitude

Prions ensemble…

Pour toutes les femmes qui se retrouvent seules après avoir partagé une vie.

Celles qui ont aimé profondément et qui, aujourd’hui, regardent une chaise vide. Un silence trop lourd. Un lit trop grand.

Celles que la vie a séparées d’un compagnon par la mort, par l’abandon, ou par cette distance qu’on ne dit pas, celle qui grandit parfois à l’intérieur du même toit.

Il y a des femmes qui vivent avec leurs maris, leurs enfants, leurs proches, et pourtant se sentent seules. Invisibles. Éloignées.

Comme si l’amour s’était éteint sans bruit. Comme si tout continuait, mais sans vie.

Il y a des femmes qui sourient, mais leur cœur se tait. Des femmes qui donnent, mais ne reçoivent plus. Des femmes qui tiennent encore, par habitude, par foi, par fatigue.

Et c’est pour elles que nous prions.

Ya Allah…

Apaise leur solitude.

Ne laisse pas leur douleur devenir une prison.

Donne-leur une nouvelle lumière, un nouveau souffle, une nouvelle raison d’aimer.

Qu’elles se sentent vues. Qu’elles se sentent entendues. Qu’elles se sentent exister.

Donne-leur une présence qui guérit, un regard qui réchauffe, un mot qui redonne espoir.

Et si aucune main humaine ne se tend vers elles, alors, Ya Allah, sois leur consolation.

Sois leur refuge, leur abri dans le silence, leur force dans le vide.

Soutiens celles qui tiennent encore debout, celles qui prient en silence, celles qui continuent malgré tout.

Dhikra
Prières & paroles déposées

Donne-moi la profondeur

Lis cette prière doucement.

Peut-être pour toi. Peut-être pour quelqu’un que tu aimes. Peut-être parce que toi aussi, tu veux apprendre à comprendre avant de juger.

Ya Allah…

Donne-moi la profondeur.

La profondeur du regard, pour ne pas m’arrêter aux apparences.

Donne-moi la profondeur du cœur, pour comprendre ce qui ne se dit pas.

Ce qui tremble derrière les masques. Ce qui saigne derrière les silences.

Donne-moi la délicatesse de ne pas juger trop vite, de ne pas condamner ce que je ne comprends pas, de ne pas croire que je sais quand je ne vois que la façade.

Donne-moi la lumière pour aller au-delà des défenses, jusqu’à la vérité fragile d’un cœur en attente.

Donne-moi l’humilité de respecter l’histoire de l’autre, même si elle m’échappe, même si elle me dérange, même si elle n’est pas la mienne.

Et s’il m’est donné d’aimer, apprends-moi à aimer profondément.

Pas en surface. Pas seulement en fonction de ce que je reçois.

Mais en regardant l’autre là où personne ne regarde.

Ya Allah… fais de moi un cœur qui comprend plutôt qu’un regard qui juge.

Dhikra
Prières & paroles déposées

Une flamme qui éclaire sans brûler

Il y a en moi un feu que je ne sais pas toujours nommer.

Une envie de faire, d’essayer, de goûter à tout. Je commence un projet… puis un autre m’appelle.

Ce n’est pas que je me lasse. C’est que j’ai soif de découvrir, de comprendre, de créer.

Parfois, j’ai l’impression que ma vie est une étincelle qui veut allumer mille lanternes à la fois.

Je ne cherche pas à m’éparpiller. Je cherche à vivre pleinement.

Mais à force de courir, parfois je m’essouffle. À force de vouloir tout honorer, j’ai peur de ne plus être présente à rien.

Alors fais cette prière avec moi. Pas pour éteindre ce feu, mais pour qu’il éclaire sans brûler.

Ya Allah…

Toi qui m’as créée avec des ailes et des racines, donne-moi l’équilibre entre le ciel et la terre.

Ne coupe pas mes élans, mais donne-leur une direction.

Ne m’enferme pas dans une case, mais enseigne-moi la constance.

Je ne veux pas renoncer à ma soif. Mais je ne veux pas non plus me perdre dans tous les puits.

Aide-moi à honorer ce que Tu m’as confié, sans me disperser dans tout ce qui m’appelle.

Fais de moi une flamme stable, qui éclaire sans brûler, qui avance sans se disperser.

Et s’il faut que je choisisse, inspire-moi ce qui me rapproche de Toi.

Et fais que, même dans mes détours, je Te cherche encore.

Dhikra
Prières & paroles déposées

Apprends-moi à être douce avec mon propre cœur

Et si je me parlais comme je parlerais à quelqu’un que j’aime ?

Est-ce que toi aussi, parfois, tu entends cette petite voix en toi, celle qui critique, rabaisse, et répète : « Tu aurais pu faire mieux » ?

Tu fais une chose belle, et au lieu de reconnaître ce qui a été accompli, tu remarques ce qui manque encore.

Tu donnes beaucoup… et tu t’en veux de ne pas avoir tout donné.

Tu as le cœur épuisé, et tu lui demandes encore pourquoi il n’arrive pas à tenir.

Mais si c’était ta sœur, ta fille, ton amie la plus proche, lui parlerais-tu avec cette même dureté ?

Alors pourquoi est-ce si difficile de se parler à soi avec cette même tendresse ?

Ya Allah…

Apprends-moi à être douce avec mon propre cœur.

À l’écouter sans le juger. À le consoler comme je consolerais une personne que j’aime.

Rappelle-moi que je suis Ta servante, pas mon propre bourreau.

Que la voix qui me condamne n’est pas toujours celle de ma conscience, mais parfois celle d’un monde dur que j’ai laissé entrer en moi.

Fais de ma parole intérieure un refuge, pas une prison.

Fais de ma voix intime une lumière, pas un coup de fouet.

Et quand je me perds dans l’auto-sabotage, ramène-moi doucement à Toi.

Toi qui m’as créée avec miséricorde.

Toi qui connais mieux que moi mes limites, mes blessures et mes efforts.

Dhikra
Prières & paroles déposées

Fais de nous des cœurs qui ne renoncent pas

Il y a dans certaines quêtes une intensité qui dépasse la logique, le temps, parfois même l’épuisement.

Il y a des moments où l’âme refuse de faire demi-tour, même quand les pas vacillent, même quand le chemin semble infini.

Mûsâ dit dans sourate Al-Kahf qu’il ne cessera pas d’avancer avant d’avoir atteint le confluent des deux mers, même s’il doit poursuivre longtemps sa route.

Il ne cherchait pas une gloire. Il cherchait une rencontre, une connaissance, une sagesse qu’Allah lui avait indiquée.

Il aurait pu se contenter du connu. Mais il a choisi de continuer.

Et nous ?

Existe-t-il encore dans nos cœurs une quête qui mérite que nous avancions même lorsque tout devient lent ?

Pas pour posséder. Pas pour avoir raison. Mais pour nous rapprocher de ce qu’Allah veut nous apprendre.

Ya Allah…

Fais de nous des cœurs qui ne renoncent pas.

Des cœurs capables d’attendre et de marcher.

Même quand le but est lointain.

Même quand les mers se taisent.

Accorde-nous quelque chose de la détermination de Mûsâ : non pas dans ses miracles, mais dans sa patience, sa quête et son désir d’apprendre.

Et quand nous ne savons plus où mène le chemin, garde en nous cette certitude : Toi, Tu sais.

Dhikra
Prières & paroles déposées

Pour ceux qui vivent entre deux mondes

Je Te prie…

Pour ceux qui vivent dans un pays qui ne les regarde pas vraiment, et qui rêvent encore d’un pays qu’ils ne reconnaissent plus.

Pour ceux dont le corps est ici, mais dont l’âme a laissé quelque chose là-bas.

Pour ceux qui parlent deux langues, mais que personne ne comprend vraiment.

Pour ceux qui ont quitté un silence… et en ont trouvé un autre.

Pour ceux qui ont fui l’oppression et se sont retrouvés dans l’indifférence.

Pour ceux qui ont fui la peur et découvert une solitude qu’aucun mur ne protège.

Pour ceux qui voulaient une vie meilleure, mais qui ont perdu des repères, des visages, et parfois jusqu’à une part d’eux-mêmes.

Pour ceux que l’on appelle « étrangers », même quand ils sont nés ici, même quand ils n’ont connu aucune autre terre.

Pour ceux qui ont grandi sur un sol, mais dont les racines tremblent dans un autre.

Pour celles qui sont venues ici par amour, et que l’on a enfermées dans des silences qui ne sont pas les leurs.

Pour ceux qu’on appelle « entre deux cultures » alors qu’ils ne cherchent même plus à choisir.

Ils veulent juste être.

Je Te prie pour tous ceux qui vivent avec un sac dans l’âme, comme s’ils allaient repartir demain, mais ne savent plus vers où.

Ya Allah…

Donne-nous un lieu où l’on n’a pas besoin de ressembler pour être respecté.

Un lieu où les différences ne dérangent pas : elles éclairent.

Un lieu où l’on n’a pas besoin de s’expliquer pour exister.

Donne-nous un lieu qui ne dépend d’aucune frontière ni d’aucune apparence.

Un lieu intérieur où l’on se sent accueilli, même quand tout autour de nous nous demande d’être autre chose.

Dhikra
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